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Entre les criques turquoise de Dalmatie et les plaines de Slavonie, la Croatie n’a rien d’une destination à risque sanitaire élevé. Mais depuis 2024, un mot revient de plus en plus dans les rapports européens de surveillance : dengue. Un cas de transmission locale confirmé sur une île touristique, des cas de virus du Nil occidental chaque été dans l’est du pays — de quoi se poser des questions légitimes avant de réserver. Voici ce que disent vraiment l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) et les données de terrain, sans dramatiser ni minimiser.
Le cas de Dugi Otok : ce qui s’est vraiment passé en 2024

En mai 2024, un touriste allemand a été diagnostiqué avec la dengue à son retour d’un séjour sur Dugi Otok, une île de l’archipel de Zadar peu fréquentée par le tourisme de masse. L’enquête épidémiologique et entomologique menée sur place, dans la zone de Veli Rat, a permis d’identifier un cas confirmé et cinq cas probables parmi les résidents locaux n’ayant pas voyagé récemment — la preuve qu’une transmission s’est bien produite sur l’île, via des moustiques tigres locaux ayant piqué une personne déjà porteuse du virus (probablement un voyageur revenant d’une zone tropicale).
C’est ce qu’on appelle un foyer de transmission autochtone : un cas isolé et localisé, très différent d’une épidémie. La Croatie faisait alors partie des quatre pays européens (avec l’Italie, la France et l’Espagne) ayant signalé ce type de foyer en 2024, sur un total de 304 cas de dengue recensés sur le continent — davantage que sur les quinze années précédentes cumulées, un signal qui explique la vigilance accrue des autorités sanitaires.
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Virus du Nil occidental : le vrai foyer se trouve à l’est

Moins médiatisé que la dengue, le virus du Nil occidental (West Nile virus) circule en réalité de façon plus régulière en Croatie, porté par des moustiques communs qui piquent près des zones humides. Selon les données de l’ECDC arrêtées au 10 décembre 2025, la Croatie a recensé 4 cas humains autochtones au cours de la saison 2025, répartis entre les régions de Koprivnica-Križevci, Osijek-Baranja (au cœur de la Slavonie, près du parc naturel de Kopački Rit) et, plus surprenant, Split-Dalmatie sur la côte. Onze foyers ont également été détectés chez des chevaux, un indicateur classique de la circulation du virus dans l’environnement.
Ce profil correspond à une réalité connue : les zones humides de l’intérieur du pays — bassin de la Drave et du Danube en Slavonie, delta de la Neretva près de Dubrovnik — concentrent des populations de moustiques plus importantes que le littoral touristique classique. Si votre séjour se limite à Dubrovnik, Split, Hvar ou Rovinj, l’exposition reste marginale ; un road trip incluant notre guide de la Slavonie ou un passage par les zones rurales appelle un peu plus de vigilance en soirée.
Quelle saison représente le plus de risque
Le calendrier des moustiques en Croatie suit une logique simple, mais avec deux profils différents selon le vecteur :
- Le moustique tigre (dengue) est actif de mai à octobre, avec un pic en plein été. Il pique surtout en journée, avec des pointes marquées au lever et au coucher du soleil — contrairement à l’idée répandue qu’il ne pique que la nuit.
- Les moustiques communs (virus du Nil) sont plus actifs le soir et la nuit, en particulier à proximité de points d’eau douce, d’étangs ou de rivières, avec un pic entre juillet et septembre.
- Avril, novembre et l’hiver représentent la période la plus tranquille : les populations de moustiques adultes sont quasi inexistantes.
Si vous cherchez une fenêtre de séjour combinant moindre exposition aux insectes et bonnes conditions météo, notre guide de la meilleure période pour visiter la Croatie détaille les compromis mois par mois entre chaleur, affluence et confort.
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Se protéger sans se gâcher les vacances
Aucune de ces informations ne justifie d’annuler un séjour : elles justifient simplement d’adopter les mêmes réflexes qu’en France ou en Italie l’été, où le moustique tigre est également bien installé. Quelques gestes suffisent :
- Répulsif cutané contenant du DEET (20 à 30 %), de l’IR3535 ou de l’icaridine, réappliqué toutes les 4 à 6 heures, en particulier au lever et au coucher du soleil.
- Vêtements longs et clairs en fin de journée si vous dînez en terrasse près d’un point d’eau ou d’un jardin.
- Moustiquaire de fenêtre ou diffuseur électrique dans les hébergements anciens, fréquents en Istrie rurale ou en Dalmatie intérieure, où les fenêtres ne sont pas toujours équipées.
- Élimination des eaux stagnantes à proximité immédiate du logement (coupelles de pots de fleurs, bâches de piscine, gouttières bouchées) — le principal terrain de ponte du moustique tigre.
- Vigilance renforcée pour les femmes enceintes et les familles avec bébé, pour qui certains répulsifs à base de DEET à forte concentration sont déconseillés — privilégier l’icaridine, autorisée dès 6 mois.
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Symptômes à surveiller, y compris après le retour
La dengue se traduit par une fièvre brutale, des douleurs musculaires et articulaires marquées (parfois appelée “grippe tropicale”), des maux de tête intenses derrière les yeux et parfois une éruption cutanée, entre 4 et 10 jours après la piqûre infectante. Le virus du Nil occidental est le plus souvent totalement silencieux ou provoque une fièvre légère passagère ; dans de rares cas, surtout chez les personnes âgées ou fragiles, il peut évoluer vers une atteinte neurologique nécessitant une prise en charge hospitalière.
Le point important : ces symptômes peuvent apparaître après le retour, jusqu’à deux semaines plus tard. Comme le rappelle notre guide sur les vaccins et précautions sanitaires en Croatie, toute fièvre inexpliquée dans les jours suivant un séjour croate doit être signalée à un médecin en mentionnant explicitement le voyage, pour orienter rapidement le diagnostic.
Faut-il s’inquiéter pour de bon
Non. La Croatie reste l’une des destinations les plus sûres du bassin méditerranéen sur le plan sanitaire, sans mise en garde spécifique des autorités françaises, belges ou suisses concernant les moustiques. Le cas de Dugi Otok illustre une tendance européenne plus large — l’installation durable du moustique tigre du sud vers le nord du continent, jusqu’en Croatie, en Italie ou en France — plutôt qu’un danger propre au pays. Si votre séjour se concentre sur les îles croates les plus touristiques (Hvar, Korčula, Brač) ou les grandes villes du littoral, l’exposition reste comparable à un été en Provence ou en Corse.
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Ce qu’il faut retenir
Le risque de dengue en Croatie reste ponctuel et très localisé — un seul foyer documenté à Dugi Otok en 2024 — tandis que le virus du Nil occidental circule de façon plus régulière, surtout dans les zones humides de Slavonie et, plus récemment, en Dalmatie. Aucun des deux ne justifie d’annuler ou de reporter un voyage : un répulsif efficace, une moustiquaire si besoin et un peu de vigilance en soirée entre juillet et septembre suffisent à voyager sans souci. Pour compléter votre préparation santé avant le départ, notre guide des vaccins et précautions sanitaires en Croatie reste la référence à consulter en parallèle.
Questions fréquentes
Y a-t-il un risque réel de dengue en Croatie en 2026 ?
Le risque existe mais reste statistiquement très faible pour un voyageur. En mai 2024, une transmission locale de la dengue a été confirmée sur l'île de Dugi Otok (archipel de Zadar), révélée après le cas d'un touriste allemand : un cas confirmé et cinq cas probables ont été identifiés chez des habitants de la zone. C'est le signe que le moustique tigre, désormais bien implanté sur le littoral adriatique, peut transmettre le virus localement dans de rares circonstances. Cela reste très éloigné d'une épidémie : la Croatie n'a signalé aucune flambée de grande ampleur depuis, mais la vigilance progresse chaque été.
Quelles zones de Croatie sont les plus concernées par les moustiques porteurs de maladies ?
Deux profils de zones sont à distinguer. Sur la côte et les îles (Dalmatie, Kvarner), c'est le moustique tigre qui pose la question de la dengue, avec un risque très localisé comme à Dugi Otok en 2024. Dans l'intérieur, notamment en Slavonie et dans les zones humides autour de la Drave, du Danube et des rivières de l'est du pays, c'est le virus du Nil occidental (West Nile) qui circule, transmis par des moustiques communs proches des points d'eau douce : l'ECDC a recensé des cas humains autochtones en 2025 dans les régions de Koprivnica-Križevci, Osijek-Baranja et même Split-Dalmatie. Les zones urbaines denses et les plages aménagées restent les moins exposées.
À quelle période de l'année le risque de piqûres est-il le plus élevé ?
La saison à risque va globalement de mai à octobre, avec un pic entre juillet et septembre lorsque les moustiques adultes sont les plus actifs et les plus nombreux. Le moustique tigre pique surtout en journée, avec des pointes d'activité au lever et au coucher du soleil, contrairement aux moustiques communs porteurs du virus du Nil qui piquent plutôt le soir et la nuit près des points d'eau. Un séjour en avril ou en octobre réduit nettement l'exposition, tout comme un séjour hivernal, période où les moustiques adultes disparaissent presque totalement.
Comment se protéger efficacement des moustiques en Croatie ?
Les gestes de base restent les plus efficaces : répulsif cutané contenant du DEET (20 à 30 %) ou de l'IR3535 réappliqué toutes les 4 à 6 heures, vêtements longs et clairs en fin de journée, moustiquaire ou diffuseur électrique dans la chambre si les fenêtres ne sont pas équipées de moustiquaires (fréquent dans les locations anciennes en Istrie ou en Dalmatie intérieure), et élimination de toute eau stagnante à proximité de l'hébergement (soucoupes de pots de fleurs, bâches, gouttières). Pour les familles avec de jeunes enfants, des formulations à base d'icaridine adaptées dès 6 mois existent en pharmacie.
Quels symptômes surveiller après un séjour en Croatie ?
La dengue se manifeste par une fièvre brutale, des maux de tête intenses, des douleurs musculaires et articulaires marquées et parfois une éruption cutanée, entre 4 et 10 jours après la piqûre infectante. Le virus du Nil occidental provoque le plus souvent des symptômes discrets ou absents (fièvre légère, fatigue), mais peut dans de rares cas évoluer vers une atteinte neurologique chez les personnes âgées ou immunodéprimées. Toute fièvre apparaissant dans les deux semaines suivant le retour d'un séjour en Croatie doit être signalée à un médecin, en précisant explicitement le voyage récent.
Faut-il annuler ou reporter son voyage en Croatie à cause des moustiques ?
Non. Aucune autorité sanitaire française, belge ou suisse ne déconseille la Croatie pour ce motif, et le pays reste l'une des destinations méditerranéennes les plus sûres sur le plan sanitaire. Le risque de dengue ou de virus du Nil reste très inférieur à celui de zones tropicales endémiques, et concerne des situations ponctuelles et localisées plutôt qu'un danger généralisé. Une protection anti-moustiques classique, comme pour tout séjour d'été en zone méditerranéenne, suffit largement à voyager sereinement.